La marche d'Arthur

The March of Arthur

Dialecte de Cornouaille

  • Première publication, Barzhaz, 2ème édition, en 1845.
  • "[J'ai] appris [ce chant] d'un ancien Chouan de Leuhan qui l'a souvent chanté, m'a-t-il dit, en marchant à l'ennemi, dans les dernières "guerres de l'Ouest" ("argument" du chant, page 49 dans l'édition 1867).
    Dans l'édition de 1846 ce vieux Chouan est nommé: Mikel Floc'h de Leuhan.
  • Chant absent des carnets de Keransquer.
  • Collecté uniquement par La Villemarqué.
    Selon Luzel et Joseph Loth, cités (P. 389 de son "La Villemarqué") par Francis Gourvil qui se range à leur avis, ce chant historico-mythologique ferait partie de la catégorie des chants inventés.
    Selon ce dernier auteur (p. 489), il aurait mis à contribution d'autres chants qui s'avérèrent plus tard être des forgeries:
    - l'Hymne des Hussites publié en 1837 par la revue "Magasin pittoresque" (strophes d'Arthur: 7, 9, 10, 11, 13);
    - le Chant d'Altabiscar publié en 1835 par Eugène Garay de Monglave en basque et en français: (strophes d'Arthur: 4, 5, 6).
    - Gourvil suggère également que les strophes 2 et 3 seraient démarquées d'une phrase du "Fingal" de McPherson (Chant II) qu'il cite.
    Ces soi-disant ressemblances sont loin d'être frappantes!
  • First published in "Barzhaz Breizh, 2nd edition, 1845.
  • La Villemarqué "learned the song from the singing of a former Chouan from Leuhan who said he had sung it oft when marching into battle during the latest "West wars" ("argument" to the song p.49 in the 1867 edition).
    In the 1846 edition this old Chouan is called by his name: Mikel Floc'h from Leuhan.
  • No hand-written version in the Keransquer MSs.
  • No other record of this song than in "Barzhaz".
    According to Luzel and Joseph Loth, quoted by Francis Gourvil (p. 389 of his "La Villemarqué"), this historical/mythological song was "invented" by its alleged collector.
    According to Gourvil (p. 489), La Villemarqué had elaborated on two other songs which proved to be both forgery:
    - The Hussitic Hymn published in 1837 by the periodical "Magasin pittoresque"(in "Arthur", stanzas: 7, 9, 10, 11, 13);
    - The Altabiscar Song published in 1835 by Eugène Garay de Monglave in Basque and in French: ("Arthur" stanzas: 4, 5, 6).
    - Gourvil also suspects that stanzas 2 and 3 could be plagiarized from a sentence he found in "McPherson's "Fingal" (Song II) which he quotes.
    These alleged similarities are far from evident!

  • Ton
    (Mode dorien)

    Français English

    1. Allons, allons, au combat allons!
    Parent, fils, frère, père, marchons!
    Tous, hommes de coeur, allons donc!

    2. Un matin, le fils du guerrier,
    Parlant à son père, disait:
    - Vois-tu, là-haut, ces cavaliers?

    3. La vois-tu cette immense armée,
    Ces chevaux, leur sombre livrée,
    Leurs naseaux soufflant la buée?

    4. Ils vont six par six, rangs serrés
    Et d'autres par trois alignés!
    Vois leurs mille lances briller!

    5. Ceux-là, deux par deux, vont devant
    Et l'étendard qui claque au vent
    De la mort va les précédant!

    6. Un train long de neuf jets de pierre:
    C'est Arthur, qui part pour la guerre,
    En tête, par les hautes terres! -

    7. - Si c'est Arthur, qui les dirige,
    A nos arcs, à nos flèches vives!
    En avant, il faut qu'on le suive! -

    8. Il prononçait ces mots encor,
    Quand retentirent, hauts et forts,
    Ces slogans sur les monts d'Armor:

    9. - Coeur pour oeil et tête pour bras!
    Mort pour sang! Le haut pour le bas!
    Le parent pour l'enfant paiera!

    10. Cheval pour jument, pour baudet!
    Chef, seigneur pour soldat, valet!
    Sang pour larme, feu pour fumet!

    11. Trois cadavres en vaudront un!
    Par monts, par vaux, soir et matin,
    Le sang abreuve les ravins!

    12. S'il tombe, d'un trait transpercé,
    Chacun, dans son sang baptisé,
    Rendra l'âme, le coeur léger!

    13. Et si nous mourons comme font
    De vrais Chrétiens, de vrais Bretons,
    Jamais trop tôt nous ne mourrons! -

    Trad. Ch. Souchon (c)2003

    1. March, march! Let us go to the fight!
    My kin, my son, my brother, my sire!
    March with us and do what is right!

    2. Hear the son of the warrior say
    To his brave father on that day:
    'Look, horsemen on top of the brae'

    3. Horsemen ride on the mountain road
    They ride on horses with grey coats
    Whose breath steams in the icy cold.

    4. In closed ranks of six the host goes,
    In ranks of three, in closed rows.
    Thousand spears on which the sun glows!

    5. In closed ranks of two and two
    Behind flags streaming to and fro
    In the wind blown by the Ankou.

    6. A line long over nine stone throws;
    That is Arthur's host, I suppose;
    Riding in the van, Arthur goes!'

    7. -'If Arthur is that man above,
    Let us fetch our bows, our arrows!
    Let's follow him and follow close!

    8. He was still speaking when a cry,
    Of war that first arose nearby
    Filled soon all the mounts far and nigh

    9. Heart for eye! And head for hand!
    And death for wound in any land!
    And sire for son, that's our demand!

    10. Stud for mare, and tame for wild!
    Chieftain for foot man, man for child!
    Blood for tears and for sweat, fire!

    11. Three deaths for one death to make good!
    On the mountain and in the wood!
    Till the rivers are full of blood.

    12. If we're pierced by the foe's arrow
    To baptize us our blood shall flow,
    We'll die happy, free of sorrow!

    13. If we die as it is seemly
    For the true Faith, for Brittany,
    Never shall we die too early!'

    Transl. Ch. Souchon (c)2003




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    Qui était Arthur?
    Bien que les historiens de l'époque - St Gildas, Bède le Vénérable, Nennius - n'en parlent que très peu ou pas du tout, il est généralement admis qu'Arthur a effectivement existé et combattu les Saxons entre 516 -Bataille du Mont Badon- et 537 -mort d'Arthur à la bataille de Camlann.
    Peut-être est-il aussi intervenu en Bretagne continentale, ce qui expliquerait la popularité dont il jouit dans cette province et dont cette marche, surtout connue pour son dernier couplet, est l'illustration la plus frappante.

    Une preuve de l'engouement suscité par le "Barzaz Breiz": une paraphrase de la "Marche d'Arthur" et la traduction du début de la "Prophétie de Gwenc'hlan" publiée en 1912 en NEERLANDAIS.

    Le cycle Arthurien et le Barzhaz Breizh.
    Avec la "Marche d'Arthur" et le "cycle de Merlin", le "Barzhaz" aborde le domaine de la "Matière de Bretagne", au centre de l'oeuvre de Chrétien de Troyes, de Marie de France, et bien d'autres. L'élément le mieux connu de ce corpus est la légende arthurienne qui doit sa fortune littéraire à Geoffroy de Monmouth (c. 1130). Cependant, elle est déjà évoquée dans des poèmes gallois peut-être plus anciens, "Y Goddodin", attribués à Aneurin, poète du 6ème siècle, mais connus par un manuscrit du 13ème siècle.
    Elle doit son succès aux thèmes qu'elle combine: Camelot, le siège de l'antique vertu chevaleresque déchue par les manquements d'Arthur et de Lancelot et la quête du Gral où s'engagent les chevaliers Galahad, Perceval et autres. Dans ce cadre sont traités des thèmes chrétiens: idéal de vertu et finitude humaine, quête de reliques chrétiennes.
    On y trouve aussi des thèmes propres à la société de l'époque: l'amour courtois (Lancelot et Guenièvre et Tristan et Iseut), ainsi que des caractères qui l'apparentent à la mythologie celte, parfois considérés comme l'élément central de l'édifice. Tel est en tout cas l'avis de La Villemarqué
    Sa thèse, que l'on trouve dans l'introduction de l'édition de 1839 du "Barzhaz" s'énonce comme suit:
    La poésie populaire qui, contrairement à ce qu'on observe au Pays de Galles a triomphé, dès le VIème siècle, de la poésie savante des Bardes, a développé en Armorique trois genres distincts: les chants historiques, les chants d'amour et les chants religieux. C'est cette littérature qui va inspirer les poètes du Moyen-âge, de Marie de France à Chrétien de Troyes et non l'inverse.

    Origine provençale de la Table Ronde?
    Dans le numéro d'octobre 1839 de la "Nouvelle Revue de Bretagne" un critique, Louis Hamon, a ouvert la voie à La Villemarqué lorsqu'il écrit "[La Bretagne] peut prétendre à une gloire plus haute s'il est vrai que son peuple fut l'inventeur des traditions populaires de la Table Ronde et que les poètes anglo-normands qui ont rimé ces traditions ont emprunté à [s]es bardes la matière et la forme de leurs poèmes."
    Charles-Claude Fauriel 1772 - 1844C'est une voie dans laquelle La Villemarqué s'engouffre en 1842, lorsqu'il publie son "Essai sur l'origine des épopées chevaleresques de la Table Ronde". Il s'en prend à la thèse de l'origine provençale du cycle de la Table Ronde, principalement défendue par Charles-Claude Fauriel (1772 - 1844) qui assurait dans "Histoire de la Poésie provençale", ouvrage posthume publié en 1846, que ce "genre de composition...n'a jamais existé ni pu exister en Bretagne". La Villemarqué affirme que la publication de son "Essai" aurait fait revenir Fauriel de son système, rejoint en cela par des personnalités aussi éminentes qu Victor le Clers, Doyen de la Sorbonne et Ernest Renan, auteur de la "Poésie des races celtiques".

    L'antériorité des chants bretons
    Il affirme l'antériorité des chants bretons sur les "Mabinogion" gallois (où l'on trouve, en partie, les mêmes récits que chez Chrétien de Troyes) que "le peuple actuel des campagnes de notre Cornouaille [les] entend plus facilement...que les paysans modernes du Glamorgan", défendant ainsi une conception du langage considéré comme quasi immuable. De sorte que "l'origine armoricaine ... du cycle cambrien d'Arthur est attestée... tout à la fois par la littérature des Bretons du continent et par les Mabinogion eux mêmes." L'origine de cette théorie est l'"Histoire vulgaire des Princes" (Historia regum Britaniae rédigée entre 1135 et 1138) que l'auteur, Geoffroy de Monmouth dit avoir traduit d'"un livre très ancien écrit en langue bretonne" - ce que le critique allemand A.W. Schlegel considère comme une fable.
    Elle s'appuie en outre sur la remarque que l'on trouve dans plusieurs chants que "ces choses ont été mises en vers pour qu'elles soient chantées et qu'on en garde le souvenir" ou pour parler comme Marie de France, à propos du lai de Bisclavret "pur remembrance a tuz dis mais" (pour qu'on s'en souvienne à tout jamais).
    Il y avait dans cette thèse du caractère quasiment universel de "l'idiome ancien" de quoi combattre la formule de Barère qui ,dans son discours du 27 janvier 1794, déclarait "le fédéralisme et la superstition parlent bas-breton".

    Le nationalisme breton
    On trouvera à propos du Vin des Gaulois et de l'Elégie de Pontcallec une discussion sur le rôle, certainement involontaire, joué par La Villemarqué dans l'éclosion d'un mouvement nationaliste breton auquel les chants du Barzhaz dont l'authenticité est la plus discutable servent de référence historique ou mythique.
    La marche d'Arthur est de ceux-là. Elle a inspiré, au grand poète Glenmor (1931-1996), ce "chant de l'ARB - Armée révolutionnaire bretonne! - qui a fière allure en dépit de son caractère aussi répréhensible que fantasmagorique!

    Selon Gourvil, même les mélodies du Barzhaz seraient des inventions de l'auteur. Cette marche, avec son rhythme bizarre, témoigne d'une inventivité musicale hors du commun. Pour parvenir à ce niveau de perfection, il a fallu 3 versions successives aux auteurs de la marche La Varsovienne!

    Source: Aux origines du nationalisme breton" de Bernard Tanguy (Editions 10/18. Oct 1977)
    Who was Arthur?
    Though the historians of that time - St Gildas, Bede, Nennius - don't mention him or very briefly, it is generally admitted that Arthur did exist and that he fought the Saxons between 516 -Battle of Mount Badon- and 537 -death of Arthur at the battle of Camlann.
    Maybe he was also engaged in Brittany. That would explain the popularity he enjoys in this province, of which this march, -and specially its last rhyme-, is the most striking illustration.

    A proof of the enthusiasm aroused by the "Barzaz Breiz" throughout Europe: a free adaptation of "Arthur's March" and a translation of the first stanzas of "Gwenc'hlan's prophecy" published in 1912 in DUTCH.

    The Arthurian cycle and the Barzhaz Breizh
    With the "March of Arthur" and the "Merlin cycle", the "Barzhaz" addresses the "Matter of Britain", a literary genre developed in the works of Chrétien de Troyes, Marie de France and many others.. The best known element of this body is the literary character of Arthur created by Geoffrey of Monmouth (c. 1130). However there are already references to him in maybe older Welsh poems, "Y Goddodin", attributed to the 6th-century poet Aneurin, but known from a manuscript of the 13th century.
    It has succeeded largely because of the themes it intertwines: Camelot, the seat of ancient chivalric virtue undone by the flaws of Arthur and Lancelot and the quest of the Holy Grail by knights like Galahad, Perceval and others. It provided a frame to discuss Christian issues destruction of human plans for virtue by moral flaws of the persons concerned, quest for Christian relics, as well as social themes particular to the feudal society: courtly love (Lancelot and Guinevere or Tristan and Iseult).
    It is also possible to link these tales with Celtic mythology, which has been sometimes considered a pivotal element of the whole structure. Such was La Villemarqué's opinion.
    His theory, set forth in the introduction to the 1839 edition of the "Barzhaz" is as follows:
    Traditional folk poetry has in Brittany, unlike in Wales, superseded, from the VIth century onwards, the learned Bardic poetry and developed into three directions: historic songs, love songs and religious songs. This literature has inspired medieval writers like Marie de France or Chrétien de Troyes and not the contrary.

    Provençal origin of the Round Table?
    In the October 1839 issue of the "Nouvelle Revue de Bretagne" a critic Louis Hamon showed the way to La Villemarqué when he wrote: "[Brittany] may claim to be held in higher repute inasmuch as its people initiated the popular traditions of the Round Table and the Anglo-Norman poets who rhymed them borrowed from their bards the matter and the form of their poems."
    Into that breach La Villemarqué rushed in and published in 1842 his "Essay on the origin of the chivalresque Round Table epic ventures". He attacks the theory of the Provençal origin of the Round Table cycle whose chief defender was Charles-Claude Fauriel (1772 - 1844) who stated in his "History of Provence poetry", a posthumous work published in 1846 that "this kind of composition... never did or could exist in Brittany". La Villemarqué assures that by publishing his "Essay" he had led Fauriel to give up this point of view, followed by as prominent authorities as were Victor Le Clerc, the Dean of the Sorbonne and Ernest Renan, the author of "Poetry of the Celtic Races".

    The anteriority of the Breton songs
    He maintains that the Breton songs are older than the Welsh "Mabinogion" ( which partly include the same tales as in Chrétien de Troyes' works) and that "the Breton country people of Cornouaille understand [the Welsh tales] better than today's Glamorgan peasants do", thus advocating a conception of language based on immutability. So that the proof of "the Armorican origin of the Welsh Arthurian cycle" is found in the literature of the continental Britons and in the Mabinogion themselves."
    Betrand Barère de Vieuzac 1755 - 1841The primary source of this theory is the "History of the Kings of Britain" (Historia Regum Britaniae) written between 1135 and 1138, translated, so says its author, Geoffrey of Monmouth "from a very old Breton book". However the German critic A.W. Schlegel considers it a fiction.
    This theory is corroborated by the repeated remark found in several songs that "these facts were turned into rhymes to be sung and remembered" or, to speak like Marie de France in the Lay of Bisclavet, "pur remembrance a tuz dis mais" (to keep of it eternal remembrance).
    This theory proclaiming the "old (Breton) language" to be practically a medium of universal culture was apt to counteract the effect of the famous sentence uttered on 27th January 1794 by the Convention deputy and member of the Committee of Public Salvation, Barère: "Federalism and superstition speak Breton".

    Breton nationalism
    On the pages Wine of the Gauls and Lament for Pontcallec the -very likely unintentional- part La Villemarqué had in originating the Breton Nationalist Movement is discussed. It appears that the most dubious songs of this collection are used as their favourite historical or mythical references by its followers.
    Among them the "March of Arthur" stands out clearly. It insprired the great poet Glenmor (1931-1996) with the following "Song of the ARB" - Breton Revolution Army! - which cuts a fine figure in spite of the reprehensible phantasmagory embodied in it!

    Gourvil suspects that even the tunes in the Barzhaz were very likely invented by the collector. The weird beat of the present march, attests an uncommon musical resourcefulness. To reach this level of perfection, 3 successive versions were needed in the case of the march Warshawianka!

    Source: Aux origines du nationalisme breton" by Bernard Tanguy (Editions 10/18. Oct 1977)
    Line

    Une marche martiale par Glenmor

    A martial march by Glenmor

    DISTRO ARZHUR

    1. Poent eo stagañ, Bretoned,
    Gant stourm-meur ar vro!
    Poent eo skubañ an oaled,
    Kempenn an erv!
    Un deiz e vo sklaer an amzer
    War henchoù don ar brezel kuzh.
    Un deiz e vo lorc'hus ha taer
    Distro Arzhur war ur marc'h ruz.
    Poent eo skubañ an oaled,
    Kempenn an erv!
    Poent eo stagañ, Bretoned,
    Gant stourm-meur ar vro!

    2. Dinec'h ha kreñv, Bretoned,
    'vo tenn ar stourmer
    en noz 'tarzho kastellioù
    gweleoù ar gwasker
    na kriz e vo heol an argad
    d'ar vourc'hizien ha d'an treitour
    na kaer e vo luc'h an tantad
    da galon Breizh, d'he argadour
    en noz 'tarzho kastellioù
    gweleoù ar gwasker
    dinec'h ha krenn, Bretoned
    'vo tenn ar stourmer

    3. Ret 'vo dastumm, Bretoned
    toc'had ar brezel
    eost du ar re 'vo daonet
    eo trec'h Breizh-Izel
    bugaligoù ha tud kalet
    a raio bec'h da chaseal
    da vountañ 'maez ar C'hallaoued
    da reizhañ hent, da vout feal
    eost du ar re 'vo daonet
    eo trec'h Breizh-Izel
    ret 'vo dastum, Bretoned
    toc'had ar brezel

    4. An deiz a zo ker kuzhet
    war hent an distro
    fenoz e vo kutuilhet
    enor er rannvro
    kerkent dihun, kerkent dispak
    ha bec'h d'al lorc'h an enebour
    n'eus forzh penaos, n'eus forzh perak
    e redo nerzh 'vel red an dour
    fenoz e vo kutuilhet
    enor ar rannvro
    an deiz a zo ker kuzhet
    war hent a distro

    Kan-Bale an ARB gant Glenmor (Emile le Scanff, 1931-1996)
    LE RETOUR D'ARTHUR

    1. Bretons, il est temps que commence
    Le grand combat de la nation!
    Il est temps de balayer l'âtre
    Et de nettoyer le sillon!
    Que ce jour-là mette en lumière
    Le tréfond du combat caché:
    Vois l'avance impétueuse et fière
    D'Arthur sur son rouge coursier.
    Il est temps de balayer l'âtre
    Et de nettoyer le sillon!
    Bretons, il est temps que commence
    Le grand combat de la nation!

    2. Qu'avec une mâle assurance
    Nos guerriers ajustent leurs traits!
    Que l'oppresseur voie l'opulence
    De ses murs, la nuit, exploser!
    Que luise un soleil implacable
    Sur les nantis et les menteurs!
    De ce brasier l'ardente flamme,
    Guerriers, réchauffera vos coeurs!
    Que l'oppresseur voie l'opulence
    De ses murs la nuit exploser!
    Qu'avec une mâle assurance
    Nos guerriers ajustent leurs traits!

    3. Il est temps, Bretons, qu'on moissonne
    De la guerre tous les épis:
    Un août noir pour qui le glas sonne,
    Un triomphe pour ceux d'ici.
    Dans l'enfance ou la fleur de l'âge,
    Dans le droit fil de leur lignée,
    Pour bouter hors les gens de France
    Tous prendront part à la curée!
    Un août noir pour qui le glas sonne,
    La victoire pour ceux d'ici.
    Il est temps, Bretons, qu'on moissonne
    De la guerre tous les épis!

    4. Aux ténèbres le jour fait place
    Sur notre chemin de retour.
    Ce sont des lauriers qu'on ramasse
    Dans tout le pays à l'entour.
    On s'éveille à peine, qu'importe!
    Sus à la superbe ennemie!
    Pourquoi? Comment? Qu'importe, on frappe:
    Point de digue aux flots énergie!
    Et l'on tressera des couronnes
    Dans tout le pays à l'entour.
    Le jour à l'ombre aura fait place
    Sur notre chemin de retour.

    Traduction: Christian Souchon (c) 2016
    ARTHUR'S COME-BACK

    1. It is time; Bretons, to begin
    The great fray of the nation
    It’s time to sweep up the hearth
    As it’s time to clean the furrow.
    Some day the weather will clear up
    O’er the dark paths our warriors walk.
    That day, we shall see, proud and quick,
    Arthur come back on his red horse
    It is time to sweep up the hearth
    It is time to clean the furrow.
    It is time; Bretons, to begin
    The great fray of the nation!

    2. Fearless and strong, Breton brethren,
    Will be every fighter’s shot.
    Tonight, castles will be blasted
    That harboured the oppressor’s beds.
    Cruel indeed will be the hunt
    On all philistines and traitors!
    But dazzling the bonfire’s glare
    That warms each Breton fighter’s heart.
    Tonight castles will be blasted
    That harboured the oppressor’s beds.
    Fearless and strong, Breton brethren,
    Will be every fighter’s shot.

    3. You will have, Bretons, to harvest
    The ears of the wheat of the war,
    Dark crop of those who are damned
    By Low-Brittany’s victory.
    Little child and grown-up alike
    Are assigned the lofty mission:
    Pushing out of the land the French;
    Smoothing the paths; staying loyal.
    Dark crop of those who are damned
    By Low-Brittany’s victory.
    You will have, Bretons, to harvest
    The ears of the wheat of the war,

    4. That day may be kept well concealed
    As is the path of the Return.
    Tonight laurels will be gathered
    To wreath the brows of our heroes:
    Still drowsy eyes; still budding twigs.
    Rush upon the arrogant foe!
    Do not ask how or why! Hit!
    Your force be a river in spate!
    Tonight laurels will be gathered
    To wreath the brows of our heroes:
    That day may be kept well concealed
    As is the path of the Return.

    Translation: Christian Souchon (c) 2016




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